Aux Argoulets, le cirque a trouvé son quartier
Aux Argoulets, le cirque a trouvé son quartier
Depuis son déménagement de l’avenue Saint-Exupéry, en 2008, le Lido s’impose comme la mascotte des Argoulets. Le centre municipal des arts du cirque, inauguré par Henri Guichard, est devenu un repère pour les habitants du quartier.
À la sortie du métro des Argoulets, difficile de le manquer. Il suffit de lever les yeux pour découvrir un chapiteau rouge et blanc, aux couleurs magnifiées par un soleil éclatant en ce début octobre. « C’est un véritable emblème, il ne passe pas inaperçu », sourit Arnaud, un musicien de 31 ans habitué du lieu. Niché entre la station de transport, le parc et le complexe sportif, le Lido est devenu l’icône du quartier. Pour preuve, le logo représentant l’arrêt sur la ligne A du métro toulousain n’est ni plus ni moins qu’un chapiteau. Même les moins rompus à l’art circassien ne peuvent manquer de remarquer la structure. « Le cirque, ce n’est pas trop notre truc, mais on reconnaît facilement le chapiteau », affirme Jacques, 22 ans, en pointant du doigt la cime de l’édifice.
Un espace ouvert à tous
Implanté dans la zone verte des Argoulets, le Lido s’est parfaitement enraciné dans le quartier. Inauguré en 1988 sur l’avenue Saint-Exupéry, le centre municipal des arts du cirque a rejoint le 14 rue Gaillac en 2008. Depuis, plus de 200 amateurs, dès sept ans et demi, franchissent chaque année ses portes à la découverte de l’art circassien. Et s’il attire petits et grands, c’est aussi aux yeux des parents que le Lido tient bonne presse. « Je me suis renseignée pour y inscrire mes enfants », raconte Balladine, tout en surveillant son petit dernier de trois ans s’amuser dans les toboggans du parc. « Je trouve l’approche du cirque très complète pour leur développement », ajoute la jeune maman. Une vision que l’établissement continue de cultiver, jusque dans sa formation professionnelle.
Une formation qui rayonne
Le Lido ne se contente pas d’accompagner des amateurs. Il s’est également imposé comme un centre de formation reconnu. En 2019, l’Estaco’Lido a vu le jour. Avec cette école professionnelle, l’objectif est de proposer un parcours complet, afin de préparer au mieux les jeunes artistes. Arrivé du Chili en 2016, Cristóbal a intégré l’établissement en 2020. Aujourd’hui diplômé, il témoigne du lien fort qui le lie encore au Lido : « Je viens régulièrement faire des entraînements et voir d’anciennes connaissances », explique celui qui se produit aujourd’hui aux quatre coins de l’Europe, au sein de la Compagnie XD. Diplômée en 2025, Malena, venue tout droit d’Argentine, estime que ce lien s’est propagé aux riverains. « Je pense qu’il y a une vraie fidélité qui s’est développée avec les habitants », raconte la spécialiste du mât chinois, une discipline acrobatique pratiquée autour d’un poteau vertical. « Il y a pas mal de monde aux soirées organisées, qui sont gratuites, ou même aux activités découvertes. »
Un ballet d’habitués et de novices
Alors que la nuit tombe sur le chapiteau, l’enceinte se remplit progressivement. Le public se presse pour la soirée Clutcho’Lido, organisée en l’honneur de la sortie du nouveau numéro du magazine Clutch. Au programme, musique, food trucks et cabarets. « Je suis venue avec une amie pour lui faire découvrir », explique Coralie, habituée des spectacles du Lido. Même démarche pour Cédric, présent « pour profiter de la soirée. » Une bière à la main, l’éducateur de 42 ans avoue « ne rien connaître au cirque », mais semble déjà conquis par l’atmosphère festive. Au son d’une dernière chanson du groupe Deeplodocus, les curieux du soir sont invités à prendre place sous le chapiteau. Une représentation spéciale des jeunes artistes circassiens se prépare. Que le spectacle commence.
Hugo Jannière
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