Des Bleus aux teintes bien différentes
À Oberhof en Allemagne en cette première semaine de janvier, l'Équipe de France féminine de biathlon a parfaitement entamé 2024. Pour cette quatrième manche de la Coupe du Monde, les Bleues ont remporté chacune des trois courses disputées, avec la manière qui plus est. Un contraste saisissant avec les hommes.
Julia Simon, Sophie Chauveau, Justine Braisaz-Bouchet et Lou Jeanmonnot ont le sourire. Elles viennent de remporter leur premier relais de la saison et concluent parfaitement un week-end doré pour l'Équipe de France féminine. (@FedFranceSki)
6. C'est le nombre de victoires tricolores d'affilée en Coupe du Monde féminine de biathlon. Après le triplé de Justine Braisaz-Bouchet à Lenzerheide fin 2023, la leader du classement général a remis ça sur le sprint vendredi. Le lendemain sur la poursuite, c'est sa compatriote Julia Simon qui s'est imposé, avant une victoire collective sur le relais féminin le dimanche. Une véritable démonstration d'ensemble, tant les Françaises ont trusté les places dans le top 10 tout le week-end. À l'inverse, ce top 10 est devenu une performance chez les hommes. Seul Fabien Claude y est parvenu cette semaine.
Les Françaises à la Norvégienne !
Elle est arrivée à Oberhof en leader du classement général, forte d'un triplé avant les fêtes à Lenzerheide. Justine Braisaz-Bouchet repart d'Allemagne avec un dossard jaune conforté et deux victoires supplémentaires. Victorieuse vendredi sur le sprint malgré deux erreurs, la Française a sorti une prestation digne de Johannes Boe avec un dernier tour à ski stratosphérique, reprenant plus de 20 secondes à la locale Franziska Preuss. Derrière elle, Sophie Chauveau a aussi réussi une course majuscule, avec une 3e place et un meilleur résultat en carrière. Mais la course des Bleues ne se limite pas à ces deux athlètes. Jeanne Richard, 8e pour sa première course en Coupe du Monde, ainsi que Lou Jeanmonnot, 9e, et Julia Simon, 10e, ont participé à la jolie prestation d'ensemble des tricolores. C'est d'ailleurs la dernière citée qui est à l'honneur le lendemain. La tenante du titre du gros globe remporte ainsi sa première victoire de la saison, devant Braisaz-Bouchet, encore sur le podium. Mais c'est une fois de plus le résultat d'ensemble de l'Équipe de France qui marque les esprits. Outre ce nouveau doublé, Jeanmonnot termine 5e, Richard impressionne avec un second top 10 (9e) et Chauveau rate le top 5 sur le dernier tir pour finalement prendre la 13e place. Impressionnantes individuellement, les Françaises ont confirmé collectivement ce dimanche. Une première victoire cette saison en relais, avec un quatuor composé de Jeanmonnot, Braisaz-Bouchet, Chauveau et Simon. Une densité impressionnante, des jeunes qui s'intègrent rapidement et des temps de ski excellents. Une domination française "à la Norvégienne", tant les Scandinaves ont l'habitude des démonstrations de force. Après les tensions de l'intersaison, le sourire est bel et bien de retour dans le clan féminin français.
Un contraste avec les hommes
L'ambiance est bien différente côté masculin. Tandis que le relais féminin célébrait sa victoire à Oberhof, avec une 3e victoire en autant de courses cette semaine côté Françaises, les hommes plongeaient dans le doute. Alors que les femmes totalisent treize podiums dont huit victoires, les hommes ne sont jamais montés sur la boîte en individuel, pour seulement deux 2e place en relais en cache-misère. Ce dimanche, les Bleus ont vécu un relais bien compliqué, conclut à la 7e place. Côté individuel, seul Fabien Claude s'est glissé dans le top 10 à Oberhof, avec une 6e place sur la poursuite. Un bilan famélique, qui se ressent au classement général. Le meilleur français, Quentin Fillon-Maillet, est classé 14e. Une anomalie pour celui qui remportait le classement général de la Coupe du Monde en 2022. Derrière, ce n'est guère mieux pour ses coéquipiers. Fabien Claude et Éric Perrot respectivement 16e et 17e et Emilien Jacquelin 20e. À titre de comparaison, Braisaz-Bouchet mène la Coupe du Monde chez les femmes. Julia Simon est 5e, Jeanmonnot 8e en ayant loupé deux courses et Chauveau 16e. Et alors que les jeunes, à l'image de Jeanne Richard, amènent de la concurrence au sein de cette Équipe de France, les jeunes pousses masculines ont du mal à menacer la place des plus anciens. À l'aube de la mi-saison et à un mois des championnats du Monde, il va falloir trouver des solutions pour Simon Fourcade et Jean-Pierre Amat. Pourquoi pas dès la semaine prochaine à Ruhpolding ?
Hugo Jannière
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