Reportage : Les Terres australes françaises

 « Expédition en Terres Australes Françaises » : Rendez-vous en terres méconnues

Jusqu’au 2 juin 2024, le Muséum d’histoire naturelle de Tours met à l’honneur les îles australes françaises et ses secrets. Réalisée en partenariat avec la Préfecture des Terres australes et antarctiques française (TAAF), l'exposition s’appuie notamment sur le travail du photographe Hichem Machouk

Le pétrel géant subantarctique, une des espèces d'oiseaux présente dans les TAAF. (Crédit Photo : Hichem Machouk)

    1,6 millions de km2. C’est la taille de la réserve naturelle nationale des Terres australes et antarctiques françaises. Étendue après l’annonce d’Emmanuel Macron lors du mois de février 2022, elle devient le deuxième plus grand espace protégé au monde. Composées de trois espaces distincts, ces terres sont encore peu connues du grand public. Avec cette exposition, la ville de Tours nous offre l’occasion d’en apprendre plus sur ces territoires préservés, où l’Homme n’est pas le maître des lieux. Reportage.

À la découverte des Terres Australes Françaises

    La Terre Adélie, les Îles Éparses, les Îles Australes. Voici les différents territoires qui composent les TAAF. Situées dans l’Océan Indien, les deux premières sont séparées par 9000 km, les îles Australes coincées au milieu. C’est ce que nous apprend un peu de lecture en début de visite, avant de plonger dans l’univers de ces territoires lointains. Rafraîchi par un vent qui ne cesse jamais de souffler dans ces contrées, au milieu du fracas des vagues, des oiseaux criards et des rugissements des éléphants de mer, le visiteur est plongé en pleine nature. Au loin, seul un panneau “route dangereuse”, où est représenté un éléphant de mer traversant un passage piéton, témoigne de la présence humaine. Entre vidéos et photos, l’aventurier en prend plein les yeux, découvrant une faune pleine de surprises. Des otaries, toutes sortes d’oiseaux et même des rennes et des chats nous attendent dans ces îles perdues dans l’océan. “J’ai bien aimé, j’ai trouvé l’exposition très complète” confie Émilie, une jeune étudiante en biologie venue avec sa fac. “C’est important de faire découvrir la biodiversité de ces îles au public”, ajoute-t-elle. La visite est complétée par de la lecture, afin de mieux comprendre ces archipels et leurs enjeux, et des animations, pour rendre le tout un peu plus ludique. Saurez-vous retrouver qui de l’albatros à sourcils noirs ou du cormoran de Kerguelen vous appelle ?

Deux grands albatros dans ce qu’il y a de plus romantique. (Crédit Photo : Hichem Machouk)

Une faune à protéger

    Des lieux encore préservés de l’activité humaine, il n’en existe que très peu. D’où l’importance de les préserver. Sensibiliser à la conservation de ces habitats naturels, c’est l’objectif du Muséum de Tours selon Audrey, sa médiatrice. “Les Terres Australes ne parlent généralement pas trop aux gens alors que c’est la plus grosse réserve naturelle de France”, dit-elle avant d’ajouter “Ce sont des environnements hyper préservés, au niveau changement climatique on peut facilement en parler et voir les différents soucis”. Plusieurs menaces pèsent ainsi sur les TAAF. La pollution et le réchauffement climatique modifient les conditions de vie. La pêche doit être encadrée afin de préserver la faune marine. Surtout, l’introduction de nouvelles espèces par l’Homme, suite à la découverte de ces îles, a considérablement modifié l’équilibre naturel. Les rennes, importés pour permettre de s’alimenter, détruisent les espèces végétales, tandis que les chats ou les rats déciment les populations d’oiseaux en s’attaquant aux adultes et à leurs œufs. Surveiller tout cet écosystème est donc important afin de ne pas le voir disparaître, et c’est le rôle des scientifiques sur place. Ceux-ci s’intéressent aussi aux changements climatiques pour mieux les comprendre. “C’est important de pouvoir étudier les espèces et les phénomènes climatiques”, conclut Emilie. Un équilibre à conserver et une histoire à découvrir, vous laisserez-vous tenter par ce voyage en terres méconnues ?

Hugo Jannière



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