Formule 1 : Le bilan de la saison équipe par équipe
Le bilan de la saison 2023 de Formule 1
La saison 2023 de Formule 1 a tiré sa révérence dimanche 26 novembre à Abu Dhabi sur une nouvelle victoire de Max Verstappen. Retour équipe par équipe sur cette année.
Red Bull (1er, 860 points) : 9,5/10
L'année de tous les records. La firme autrichienne a effacé des tablettes les meilleures années Mercedes. Le titre pilote, le titre constructeur, Vingt-et-une victoires (record) en vingt-deux courses dont quinze consécutives (record). 860 points (record), soit plus du double de Mercedes (409). Red Bull n'a rien laissé aux autres. Ou presque. Une petite victoire à la Ferrari de Carlos Sainz à Singapour et puis c'est tout. Comme quoi rien n'est parfait. Au sein de cette ultra domination, un homme émerge. Max Verstappen, qui est allé chercher une 3e couronne consécutive. Le Néerlandais a totalement dominé son coéquipier, le Mexicain Sergio Perez. Dix-neuf victoires (record) dont dix d'affilée (record) contre deux pour Checo, quatre victoires en sprint contre une, 575 points contre 285, 20-2 lors du duel en qualification. Perez n'a pas existé. Le Mexicain a même failli perdre sa 2e place au championnat face à Hamilton. Loin d'être suffisant au volant de la voiture la plus dominatrice de l'histoire.
Mention : Félicitations. Continuez sur votre lancée l'année prochaine, vous êtes proches de l'excellence.
Mercedes (2e, 409 points) : 6,5/10
2e du championnat et seulement 6,5/10, la note pourrait paraître sévère pour le clan de Toto Wolff. Mais les Allemands nous ont tellement habitués à la perfection ces dernières années. Ne pas les voir capable de rivaliser avec Red Bull, surtout après avoir promis un retour au premier plan après une année 2022 en retrait, est décevant. Qui plus est quand les Flèches d'Argent ne remportent aucune victoire, une première depuis 2011. La régularité de Lewis Hamilton, 3e du championnat avec 234 points et six podiums, a permis à l'écurie allemande de conserver la deuxième place au constructeur à Ferrari lors du dernier Grand Prix à Abu Dhabi. De son côté, George Russell a vécu une saison plus difficile. À l'aise en qualification (11-11 contre son coéquipier), il a eu moins de succès en course. Avec une victoire l'an passé et la 4e place du championnat, il n'a pu faire mieux que deux podiums et une 8e place finale. Après cette année en demie-teinte, on attend donc de Mercedes un retour au premier plan en 2024.
Mention : Aucune. Des efforts sont attendus pour 2024. Attention à l'insolence en début d'année.
Ferrari (3e, 406 points) : 7,5/10
3e du championnat mais premier (et seul) rival de Red Bull sur certaines courses. La Scuderia a vécu une saison difficile, mais à bien redressé la barre en fin d'année et aurait dû aller chercher la 2e place constructeur sans nombre d'opportunités manquées. Avec sept pôles positions (sprint compris) dont cinq sur les neuf derniers Grand Prix, Ferrari a fait de l'ombre à Red Bull en fin de saison. Mais rarement la Scuderia a inquiété les hommes de Christian Horner en course. Hormis à Singapour. Dans un week-end qu'il a dominé de la tête au pied, Sainz est devenu le seul homme à battre l'écurie au taureau ailé. Cette performance, à laquelle il faut ajouter trois podiums (dont un en sprint) et deux pôles, diminue l'impression d'un pilote régulier mais sans coups d'éclats. Au contraire de son coéquipier Charles Leclerc. Cinq pôles, huit podiums (dont deux en sprint), le Monégasque a souvent joué de malchance. Au Brésil, où une fuite hydraulique dans le tour de formation le prive d'un Grand Prix où il partait 2e. Ou encore à Austin où un plancher non réglementaire lui enlève un podium supplémentaire. Toujours rapide, le natif du Rocher a finalement réussi à finir devant Sainz au classement après un dernier podium à Abu Dhabi, pour six petits points (5e, 206 points contre 7e, 200 points). Un résultat en course qui confirme celui des qualifications (15-7 pour Leclerc). Un duo néanmoins efficace pour la Scuderia qui peut compter sur deux pilotes rapides.
Mention : Encouragements. Bonne fin de saison, il faut poursuivre les efforts l'année prochaine.
McLaren (4e, 302 points) : 7/10
Le comeback de l'année. Sans aucun doute. 29 points sur les neuf premières courses. 273 sur les treize suivantes. Un monde d'écart. Après un début de saison catastrophique, McLaren a amené début juillet à Silverstone de grosses évolutions. Résultat, un podium pour Norris (2e) et une 4e place pour Piastri. Complètement métamorphosés, les "Papayes" vont ensuite aller cueillir huit podiums supplémentaires, ainsi qu'une victoire en course sprint. À cela, il faut ajouter deux pôles en qualifications sprint et trois podiums dans la spécificité. Le tout pour aller priver Aston Martin de la 4e place constructeur. Une vraie remontada. Côté pilote, Norris a logiquement dominé son coéquipier rookie en qualification (15-7) et en course (205 points, 6e du championnat contre 97 points, 9e). Mais le jeune australien n'a pas démérité, loin de là. Avec deux podiums le dimanche, une pôle et et deux podiums le samedi, dont une victoire, Piastri a probablement réalisé l'une des saisons rookie les plus impressionnantes de la dernière décennie. De bon augure pour 2024.
Mention : Encouragements. Il faut continuer sur cette lancée.
Aston Martin (5e, 280 points) : 8/10
La surprise de l'année. Après une saison 2022 compliquée terminée à la 7e place avec 55 points, les Verts ont vécu un championnat 2023 bien différent. Aston Martin à plus que quintuplé ses points en un an. Porté par le nouveau venu Alonso, l'écurie britannique a inscrit huit podiums, tous par ce dernier. L'Espagnol a d'ailleurs largement dominé son coéquipier, aussi bien en qualifications (19-3) qu'en course (206 points, 4e du championnat contre 74 points, 10e). Mais l'équipe de Mike Krack a eu du mal à tenir toute la saison. Après six podiums en huit courses, Aston Martin n'est monté que deux fois sur la boîte lors des quatorze suivantes après avoir manqué le développement de la voiture. Et a vu McLaren revenir comme un boulet de canon pour leur prendre la 4e place constructeur. Une année 2023 en deux parties donc, pour une équipe qui voudra poursuivre sur sa lancée positive.
Mention : Compliments. Bonne saison, attention tout de même au développement la prochaine fois.
Alpine (6e, 120 points) : 5/10
4e en 2022, on attendait d'Alpine une nette progression en 2023. Un duo 100% français avec Gasly et Ocon, la pression était forte sur l'écurie d'Enstone. Mais les Bleus n'ont pas su répondre aux attentes. Seulement 6e au classement constructeur, l'écurie française est tout de même montée deux fois sur le podium le dimanche (un pour chaque pilote) et une fois le samedi (Gasly en Belgique). Soit trois fois de plus que la saison passée. Oui mais voilà, cette 6e place au championnat est le pire résultat d'Alpine depuis la saison 2017. Sans réels concurrents pour ce classement, Alpine a bataillé toute la saison en fond de top dix, ne titillant que trop rarement les hauteurs du classement. Les pilotes, très proches l'un de l'autre en course (Gasly 11e avec 62 points contre 58 points, 12e pour Ocon) ont fini la saison en s'occupant plus de la stratégie de leur coéquipier que de leur propre course. Englué en milieu de saison dans une restructuration de la direction avec les départs de Rossi et Szafnauer, l'environnement au sein de l'équipe n'a jamais semblé très sein. Sur le plan sportif, on attend plus d'une équipe qui porte tous les espoirs français en Formule 1.
Mention : Aucune. Tout juste la moyenne, il faut faire plus sous peine de sanction de la part du conseil.
Williams (7e, 28 points) : 8,5/10
Certes, 28 points, cela semble dérisoire. Mais Williams revient de tellement loin. Si l'on excepte 2021, 8e grâce au miraculeux podium de Russell à Spa sous les trombes d'eau, Williams a toujours terminé à la 10e place du classement constructeur depuis cinq ans. Cette 7e place, avec 28 points, représente donc énormément pour l'écurie menée maintenant par James Vowles. C'est d'ailleurs la meilleure performance de l'équipe depuis 2017 (5e, 83 points). Avec cette 7e place, Williams peut préparer plus sereinement la saison prochaine. Une grosse inconnue persiste à ce jour. Le deuxième pilote. Alors que Alexander Albon a marqué 27 des 28 points de l'équipe et sera évidemment présent l'année prochaine, rien n'est moins sûr pour Logan Sargeant. Rookie, l'Américain n'a pas vraiment impressionné pour sa première saison en Formule 1. Un petit point marqué chez lui à Austin suite aux disqualifications de Leclerc et Hamilton, toujours derrière Albon en qualification (22-0), mais surtout de trop nombreux accidents qui ont remis en doute sa participation à une deuxième saison. Une fin de saison correcte aura t-elle convaincu la direction de l'écurie à le reconduire pour une deuxième saison ? Rien n'est moins sûr. Mais les candidats expérimentés ne sont pas légion et reprendre un rookie semble exclu dans une équipe qui a besoin de stabilité. Faire le bon choix sera d'une importance capitale pour Williams dans une équipe en pleine progression.
Mention : Bien. Vous êtes sur la bonne voie, continuez ainsi !
Yuki Tsunoda s'est mué en leader d'équipe en 2023 et est le seul à apporter de la stabilité à la petite soeur de Red Bull (@AlphaTauriF1)Alpha Tauri (8e, 25 points) : 3,5/10
La petite soeur de Red Bull. Et une piètre 8e place au championnat, avec seulement 25 points. Alors certes, Alpha Tauri a gagné une place par rapport à 2022. Mais a inscrit dix points de moins. Et quand vous êtes de la famille de l'équipe la plus dominante de l'histoire, on est en droit d'attendre de meilleures performances. Avec deux petits points à la mi-saison, l'équipe de Franz Tost était même dernière du championnat. Une deuxième partie de saison plus convenable a permis aux Italiens de remonter dans le classement. Emmenée par un bon Tsunoda (17 des 25 points de l'équipe), la petite Scuderia a connu trois autres pilotes. De Vries, champion de F2 en 2019 et de Formula E en 2021, a démarré la saison en tant que rookie. Mais les performances du Néerlandais, jugées insuffisantes par Helmut Marko, l'ont vu se faire remplacer par Daniel Ricciardo en Hongrie. De retour en Formule 1 après n'avoir trouvé aucun baquet pour 2023, l'Australien est contraint de laisser sa place au jeune Liam Lawson après une fracture du poignet. Durant cinq courses, le jeune homme de 21 ans a impressionné, marquant même deux points à Singapour. Le rendez-vous est pris pour 2025. À son retour, Ricciardo est rentré une seule fois dans le top 10, avec une 7e place au Mexique. L'année prochaine, Alpha Tauri va changer de nom, avec le départ de Franz Tost. De quoi redresser la barre ?
Mention : Avertissement de travail. Insuffisant, il faut faire plus en 2024. Prenez exemple sur Red Bull.
Alfa Roméo (9e, 16 points) : 3/10
Dans l'anonymat. Voilà comment qualifier la saison 2023 d'Alfa Roméo. Après un excellent championnat 2022 terminé à la 6e place avec 55 points, l'écurie suisse n'a jamais pesé sur la course cette année. Deux 8e place de Bottas pour meilleurs résultats et une entrée dans les points à seulement sept reprises (quatre pour Bottas et trois pour Zhou), l'équipe d'Alessandro Bravi est à l'image de ses pilotes. Dans l'oubli. Le niveau des deux hommes, loin d'être flamboyant, rend la non promotion de Théo Pourchaire, couvé par l'académie Sauber depuis 2020 et récent champion de Formule 2, assez incompréhensible. À 34 ans, Bottas (15e, 10 points) ne semble plus investi à 100% dans la Formule 1 et préfère s'impliquer dans ses sorties en pleine nature, à vélo et parfois sans son caleçon. Quant à Zhou, le pilote chinois rapporte de l'argent mais peu de points. Il a d'ailleurs réalisé la même saison que son année rookie, avec une 18e place et six points marqués, battu par Bottas en course et en qualifications (6-15). Rien d'enthousiasmant donc pour Alfa Roméo, qui va quitter la Formule 1 en 2024. Sauber redevient le sponsor titre de l'équipe en attendant le rachat d'Audi en 2026. Pour ce qui ressemble à deux longues années dans l'oubli pour Sauber.
Mention : Aucune. Une saison à oublier, que l'on a déjà oubliée.
Haas (10e, 12 points) : 2,5/10
Le dernier de la classe. Bonnet d'âne de cette année 2023, Haas est 10e du classement constructeur pour la deuxième fois depuis son arrivée en 2016. Mais contrairement à 2021 où ils n'avaient inscrit aucun point, les Américain en ont inscrit douze. Pas de quoi fanfaronner pour l'équipe de Gene Haas, qui ne progresse plus depuis quatre ans. Trois entrées dans les points pour Magnussen (10e à chaque fois) et deux pour Hülkenberg (7e en Australie et 6e en sprint en Autriche). Un bilan famélique. La faute notamment à un faible rythme de course et une voiture qui détruit ses pneus. Un constat dommageable, quand on voit les bons résultats en qualifications (Magnussen 4e à Miami, Hülkenberg 5e au Canada). Avec les deux mêmes pilotes l'année prochaine, Steiner a fait le choix de la stabilité et de l'expérience pour tenter de relever l'équipe. Il faudra pour cela mettre les moyens pour développer cette voiture durant la saison. L'Allemand a d'ailleurs chargé son équipe à Abu Dhabi. "Nos ingénieurs et aérodynamiciens doivent apprendre à faire un meilleur travail. Parce que vivre une autre saison comme celle-là serait très difficile". Le ton est donné pour cet hiver. À Haas de répondre aux attentes de ses pilotes.
Mention : Aucune. Un manque de travail évident, il va falloir mettre les moyens pour 2024. Avertissement de travail.










Commentaires
Enregistrer un commentaire