Woods dompte le Puy de Dôme ! (Tour de France)

Woods remporte la 9ème étape, Pogacar grignote

Au sommet du Puy de Dôme, Michael Woods réalise une montée de folie pour reprendre Jorgenson et s'adjuger la 9ème étape. Derrière, Pogacar reprend encore du temps à Vingegaard

Woods 35 ans après

    35 ans après, les coureurs avaient rendez-vous avec l'histoire. Le retour d'un géant sur la route du Tour, avec ses 4 derniers kilomètres terrifiants, à presque 12% de pente moyenne. Il était écrit que le vainqueur serait un grand nom du peloton, un garçon de classe, un grimpeur d'exception. Et même si l'on attendait Pogacar ou Vingegaard, les géants du peloton, c'est un autre homme qui a su tirer son épingle du jeu. Michael Woods (Israël-Premier Tech) a profité d'une échappée pour s'offrir cette étape de prestige. En compagnie de 13 autres garçons, le Canadien a d'abord cru un temps voir la victoire d'étape lui échapper. En effet, alors que le peloton était 15' derrière, c'est Matteo Jorgenson (Movistar) qui s'est fait la malle à 47 km de l'arrivée. Avec quasiment 2' de retard au pied de la montée finale, les chances de Woods et ses compères étaient bien minces. Mais à force d'abnégation et de courage, ce coureur, ancien spécialiste du 5000 m, a su mener sa barque et garder espoir, reprenant un à un les Powless (EF Education-EasyPost), Burgaudeau (TotalEnergies) et Mohoric (Bahrain Victorious), avant de grignoter peu à peu son retard sur Jorgenson. C'est finalement à 400 m de la ligne que le Canadien est revenu et à placé une accélération décisive, clouant l'Américain sur place. 2ème Pierre Latour (TotalEnergies) a lui aussi réalisé une superbe montée, échouant à seulement 28". Au sommet, si le nom de Michael Woods n'a pas la résonance des plus grands du peloton, il n'en est pas moins un vainqueur magnifique, qui a su faire preuve de résilience pour s'offrir la plus belle victoire de sa carrière, au sommet d'un géant mythique.







Woods remporte la 9ème étape au sommet du Puy de Dôme (Crédit Photo : @IsraelPremTech)

"Je ne pensais pas à la victoire d'étape. Je me suis juste dit que j'allais faire un contre-la-montre jusqu'au sommet, et que, peu importe le résultat, je serais fier de moi." Michael Woods n'en revient pas après sa victoire au Puy de Dôme.

Pogacar reprend du temps avant le repos

    Derrière, à une grosse dizaine de minutes, le duel Pogacar (UAE Team Emirates) Vingegaard (Jumbo Visma) a bien eu lieu. Pendant de longs kilomètres dans l'ascension, la formation Jumbo-Visma a tenu la barre, imprimant un rythme étouffant de plus en plus rapide. Seuls les deux INEOS Pidcock et Rodriguez, ainsi que Simon Yates (Jayco-AlUla) pouvaient accompagner les deux ogres, le petit groupe emmené par la locomotive Sepp Kuss. Et quand celui-ci s'est écarté, les favoris se sont regardés, Simon Yates tentant d'en profiter. Mais Pogacar a remis les choses dans l'ordre. À 1,5 km du sommet, le maillot blanc a placé une longue accélération, sortant progressivement le Danois de sa roue. Pour ce dernier kilomètre et demi, on a eu droit à un superbe mano-à-mano entre les deux hommes, Vingegaard perdant mètre après mètre, pour finalement arriver 8" plus tard au sommet. Petit gain donc pour le Slovène, mais qui revient à seulement 17" du maillot jaune et prend un ascendant psychologique avant la journée de repos.

"Tadej était plus fort dans le final, il mérite de reprendre ces 8 secondes. Je vais juste devoir continuer à me battre pour garder le maillot jaune jusqu'à Paris." Vingegaard conscient qu'il faudra batailler jusqu'au bout dans ce Tour de France.

"Ce n'est pas une victoire, mais une petite. Je suis très content aujourd'hui, c'est une belle journée." Pogacar content de sa performance du jour.

Les français perdent gros

    En revanche, les français n'étaient pas à la fête sur les pentes du géant d'Auvergne. Distancé avant même les derniers terribles kilomètres, David Gaudu (Groupama-FDJ) et Romain Bardet (Team DSM) ont perdu gros sur cette étape. Bien aidé par Thibaut Pinot, le Breton a coupé la ligne 2'05" après Pogacar, soit 1'15" après les premiers prétendants au podium, Simon Yates et Tom Pidcock. Journée encore plus difficile pour Bardet. Sur ses terres, l'Auvergnat est arrivé 18" plus tard que le coureur de Groupama-FDJ. À la fin de la première semaine, les deux français se retrouvent donc 8ème et 10ème du général, le Breton devant l'Auvergnat. À maintenant respectivement 3'21" et 4'18" de la 3ème place de Jai Hindley (Bora-Hansgrohe), les français devront maintenant tenter de loin pour espérer monter sur le podium à Paris. Dans cette bataille pour le podium, Jai Hindley a cédé 23" à Simon Yates et Pidcock, 14" à Rodriguez et 7" à Adam Yates (UAE Team Emirates), preuve que la hiérarchie peut encore évoluer. Il ne faudra cependant pas perdre de temps pour nos Bleus, qui ont déjà grillé plus de jokers que prévu.

"C'était génial de voir tout ce soutient sur mes routes. Les gars m'ont bien placés mais le rythme au pied de la montée était déjà élevé, donc je me suis concentré sur mon propre effort." Romain Bardet confesse n'avoir pu suivre le rythme du peloton.

Le classement de l'étape : https://www.letour.fr/fr/classements
Le classement général : https://www.letour.fr/fr/classements


Hugo Jannière

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Gastronomie : L'Espadon ouvre de nouveau

En Ariège, une union précaire autour du gypaète barbu

À Sciences Po Toulouse, les masters face aux attente des étudiants