Hindley vainqueur et en jaune, Vingegaard au dessus-du lot (Tour de France)
Hindley gagne, Vingegaard déménage
Au terme d'une étape sublime, Hindley a profité d'une échappée pour s'imposer et prendre le maillot jaune. Derrière, Vingegaard a mis un premier uppercut à Pogacar, le reléguant à plus d'une minute.
Le bon coup d'Hindley
La première étape pyrénéenne entre Pau et Laruns a donnée lieu à une course explosive. Longue de 162,7 km, elle a offert une grosse bataille dès le début pour prendre l'échappée. C'est finalement un groupe de 36 hommes qui est sorti, avec des noms ronflants tels que Van Aert (Jumbo-Visma), Alaphillipe (Soudal Quick-Step), ou encore le champion de France Madouas (Groupama FDJ). Mais c'est surtout Jai Hindley (Bora Hansgrohe) qui a retenu l'attention. 7ème à 22'' ce matin, l'Australien, vainqueur du Giro 2022, a su se glisser dans l'échappée et piéger ses rivaux. Accompagné de deux équipiers, il a su laisser faire dans le col du Soudet avant de produire son effort dans les 2 derniers km de Marie-Blanque, laissant alors sur place Felix Gall (AG2R Citroën). Avec une marge d'une minute au sommet sur Vingegaard, il a pu résister au retour du Danois pour s'imposer avec 32'' sur Ciccone (Lidl-Trek) et Gall, ce dernier prenant le maillot à pois. En plus de cette victoire, Hindley fait coup double avec le maillot jaune, 47'' devant Vingegaard. Reste à savoir maintenant combien de temps pourra t-il le garder.
Vingegaard aérien
Derrière, alors que l'équipe UAE semblait maitriser pour Pogacar, on a pu assister à une accélération soudaine des Jumbo-Visma. Emmené par un Sepp Kuss impressionnant, Vingegaard a vu ses adversaires craquer un à un, seul Pogacar pouvant s'accrocher. Et soudain, alors que Kuss, grimaçant, semblait lâcher ses dernières forces, le Danois s'est hissé sur ses pédales, portant une accélération dévastatrice. Nos yeux se sont alors intéressés à la roue du Danois, cherchant le Slovène du regard. Mais il a fallu quelques secondes à chacun pour comprendre que le maillot blanc avait calé. En effet, le double vainqueur du Tour, à l'arrêt comparé au TGV Danois, disparaissait au point de ne devenir qu'un point blanc parmi tant d'autres, redevenant d'un coup humain, laissant seul sur sa planète l'extraterrestre venu du Grand Nord. Vingegaard, le nouveau roi soleil, imposait sa puissance, écrasant ses pédales comme à son habitude, et réduisant Pogacar au même rend que les autres. Inarrêtable, on a même cru un temps que le tenant du titre reviendrait sur Hindley, mais le Danois partait de loin et s'est contenté de dérouler son cyclisme, finissant à 34'' du vainqueur mais 1'04" devant son grand rival. 47" derrière le nouveau maillot jaune et 53" devant Pogacar, le Danois est plus que jamais le favori n°1 de la Grande Boucle.
Gaudu dans le match pour le podium
Derrière, chacun tentait tant bien que mal de limiter les dégâts. Alors que le jeune Carlos Rodriguez (INEOS) a cru un temps pouvoir s'accrocher, il a vite du se rendre à l'évidence et laissé filer les deux lauréats de la Grande Boucle. Côté français, alors que Bardet (DSM) semblait asphyxier, Gaudu (Groupama FDJ), comme à son habitude, s'est appliqué à lisser son effort. Plus efficace que l'année dernière, le Breton était au sommet le 3ème des favoris, emmenant avec lui le maillot jaune Adam Yates (UAE) et son frère Simon (Jayco-AlUla) ainsi que Rodriguez, le tout à seulement quelques secondes de Pogacar. Dans la descente, alors que Skjelmose (Lidl-Trek) revenait de derrière sur le train Gaudu, Madouas, plus dans la lutte pour la victoire, laissait Pogacar filer pour aider son pote à rentrer sur le maillot blanc. Stratégie payante car le "groupe Gaudu" rentrait sur le Slovène pour terminer à 1'38" du vainqueur. En difficulté sur le dernier Dauphiné, le Français a rassuré aujourd'hui et semble s'affirmer comme un candidat sérieux au podium. Bien sur, il faudra batailler, et notamment reprendre 1'56" à un Hindley qui s'est aujourd'hui positionné comme un favori à la 3ème place. Mais on l'a vu l'année dernière, le Breton est tenace, et avec un parcours taillé pour lui, il pourrait tirer son épingle du jeu. Pour la victoire, il faudra repasser, seul un réveil de Pogacar semblant pouvoir priver Vingegaard de toucher le graal pour la deuxième fois. Mais la route vers Paris est longue et semée d'embuche. Au soir de la 5ème étape personne n'est à l'abri de rien et les conclusions d'aujourd'hui seront les désillusions de demain.
À la suite de cette 5ème étape, les coureurs auront rendez-vous avec une deuxième étape dans les Pyrénées. 144,9 km entre Tarbes et Cauterets-Cambasque, avec au programme l'enchaînement Aspin, Tourmalet et la montée vers l'arrivée. De quoi permettre à Pogacar de prendre sa revanche ou à Vingegaard d'assommer le Tour, à moins qu'un troisième larron ne joue les troubles fête au milieu des géants.

Bel article!
RépondreSupprimerMerci !
Supprimer"Les conclusions d'aujourd'hui seront les désillusions de demain". Bien trouvé 😘
RépondreSupprimerMerci ;)
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